mercredi 27 mars 2019
"La France et Johnny Thunders, Dans L'Ombre de La Croix" Thierry Saltet - Julie Editions
dimanche 29 juillet 2018
THE DAMNED, Evil Spirits (Spine - 2018)
Chronique initialement parue dans le numéro 380 de Jukebox Magazine.
42
ans de carrière, une kyrielle d’albums, une tournée européenne
et une toute nouvelle galette pour les Damned ! Voici le
résultat des courses en 2018 pour ce groupe punk anglais, pionnier
du genre, qui a fait sensation aux
deux éditions du
festival punk de Mont de Marsan 76/77.
Dans
ce nouveau brûlot « Evil Spirits »,
on
est un peu loin de l'énervement adolescent des débuts à
la « Neat, Neat, Neat ».
Ce
qui est on
ne peut plus naturel et louable,
il faut bien se renouveler et ne pas proposer le même disque toute
sa vie.
Des
groupes à la longévité telle, il
faut
qu’ils évoluent
avec leur temps, leur âge et
au gré
de la
créativité du moment.
Les
nappes de claviers de Monty Oxymoron sont
très mélodiques et enjolivent
le disque à bon escient sans jamais tomber dans la caricature ni le
côté « too much ».
Captain Sensible a délaissé la basse pour la guitare qu’il
maîtrise avec brio, son
jeu est élaboré
et bien envoyé.
A
la basse, on retrouve Paul Gray (ex-Eddie
& The Hot Rods) et derrière les fûts Pinch (ex-English
Dogs), autant dire que cette
section rythmique envoie
du bois !
L'esprit
des Damned est toujours là, un peu gothique, un peu film d'horreur
avec
cette
façon de chanter crooner typique
de
Dave Vanian. Sa
capacité vocale est un théâtre à lui tout seul comme si Vincent
Price avait rencontré Frank Sinatra en déjeunant avec Bela
Lugosi. Nous
voilà
transportés
dans un autre univers proche
de celui du château des Carpathes.
A
la production, le légendaire Tony Visconti a pris les commandes avec
des
arrangements proches de son poulain de toujours, David Bowie.
L'album
est bien équilibré, il
n’y a aucune
chanson faiblarde ni
doublon : « Standing On The Edge Of Tomorrow »,
« Devil In Disguise » ou encore le
très accrocheur « Procrastination ».
Maintenant,
si
vous
attendez
du punk pur et dur pour pogoter comme un dératé, vaut mieux écouter
« Machine Gun Etiquette » (1979)
ou autre
« Damned, Damned,
Damned »
(1977),
ici
on
serait plus dans une veine à la « Phantasmagoria »
(1985).
Alicia
FIORUCCI
jeudi 26 juillet 2018
L7, Fast and Frightening (2018 - Easy Action)
Chronique parue initialement dans le numéro 379 de Jukebox Magazine.
Que
faire le troisième samedi du mois d’avril ? J’ai la
solution ! Rendez-vous dans vos boutiques de vinyles préférées
et célébrez le Disquaire Day ! Depuis 2008, c’est une
journée annuelle de promotion organisée par les disquaires
indépendants afin de vous inciter à vous rendre chez vos dealers
sonores favoris. C’est dans ce cadre que sort le double 33T. Fast
& Frightening en gatefold et inner sleeve cartonné, limité
à 700 exemplaires, du groupe féminin américain L7.
D’emblée,
la pochette sous forme de BD signée Keith Sparrow, est percutante à
souhait et donne envie de
posséder le Saint Graal du mouvement riot grrrl.
Les filles sont à bord d’un bolide décapotable
chromé, orné de flammes de
l’enfer et
conduit à vive allure, ce
qui plante
le décor. En effet, aucune
mollesse ne sera permise ! Composé
de Donita Sparks (voix, guitare), Suzi Gardner (guitare, voix),
Jennifer Finch (basse) , Dee Plakas (batterie)
L7, qui fait
partie des groupes majeurs de
la scène grunge et punk, a
permis de défendre la cause des femmes et
porte
haut le flambeau ovarien depuis
1985. Ce
double LP est indispensable pour tous les fans du quatuor.
Nous y avons des inédits en
public provenant
de shows
télévisés avec bien
entendu leur
hit Pretend We’re Dead. De
plus, la bande à Donita
revisite à sa
sauce
des
titres des
Germs, Ramones, Runaways, Guns n Roses, Blue Oyster Cult, Dead
Kennedys, The Nerves
mais aussi Ohio Express
et d’autres pépites à découvrir comme
la version de Three Days
(Willie
Nelson) en duo
avec le chanteur country Waylon Jennings. Ce magnifique objet trônera
divinement dans votre collection de 33T et comblera de joie vos
boites à cérumen
assoiffées de sons distordus et incisifs. Depuis
2015, les filles ont fait un retour tonitruant
sur les planches et
ce pour notre plus grand plaisir. En
effet, un nouvel album en
2016 ainsi que
2 singles en 2017 et 2018 ont vu le jour. Pour
info, elles passeront par
Paris, le 13 juin prochain à La Cigale , l’occasion
de ressortir votre panoplie à
base de Doc Marten’s et
jeans troués, le tout agrémenté de l’éternelle chemise de
bûcheron
portée ou nouée autour de la taille.
L7 rules !
Alicia FIORUCCI.
vendredi 6 juillet 2018
IRON MAIDEN, live-report @ AccorArena (05/06/18 - Paris)
Symbiose totale!
Après
un passage remarqué au Hellfest, Iron Maiden décide de réitérer
l’opération dans l'Hexagone hier soir à Paris dans l’ancien Bercy,
désormais baptisé AccorArena. Quelques éléments contextuels au niveau de l’ambiance : on voit des tshirts à l’effigie
d’Eddie à perte de vue, les vestes à patches sont de sortie,
baskets blanches, chaussettes et shorts aussi, le cuir n’est pas en
reste non plus. En conclusion, depuis des années Maiden fédère, c’est indéniable. Tout le monde est chaud bouillant, le concert
est sold out et une date supplémentaire a été ajoutée
le lendemain. 20H55 la bande à Steve Harris (bassiste légendaire et
pièce maîtresse du groupe) déboule et assène d’emblée « Aces
High » dans un décor militaire à base de filet kaki, un vrai spitfire suspendu et casque vissé sur la tête de Bruce Dickinson. Autant
dire de suite que les gaillards sont en forme, des boulets de canon
faits de chair et d’os. Et c’est parti pour une succession
d’hymnes de la Vierge de Fer, « Where Eagles Dare »,
« 2 Minutes To Midnight » « Flight Of Icarus »,
« Fear of The Dark », « The Number of The Beast »,
« Iron Maiden » etc... Quelle joie de les voir
interpréter leurs anciens titres que tout le monde connaît. On se
croirait revenu au temps de la New Wave of Bristish Heavy Metal. Un
vrai bain de jouvence et les souvenirs d’adolescence nous reviennent
en pleine face. On chante à l’unisson dans cette salle pleine
comme un œuf, le public est en réelle communion avec le groupe.
Durant tout le concert, les décors aux couleurs de la tournée
« Legacy of The Beast » se succèdent sans se ressembler,
du coup, aucune place pour l’ennui oculaire. Le tout est exécuté
avec une fougue, une énergie à en faire pâlir plus d’un(e).
Sérieusement, Bruce fait des allers-retours de droite à gauche
de la scène, saute sur les baffles, fait valser un ventilo qui le
gêne durant ses chevauchées. Un vrai soldat pour la cause du métal.
![]() |
| Photo: Alexandre Fumeron/Afterdepth |
Cette bataille on la retrouve lorsqu’Eddie s’invite à la fête
sur « The Trooper ». Bruce et lui se livrent à un
combat à l’épée sans merci. Cette facette chevaleresque, se décline aussi lors de « The Clansman » (titre de
l’époque Blaze Bayley), une ode à la liberté d’un peuple.
Changement d’atmosphère lors de « The Sign of The Cross »
où le mysticisme et l’occulte font leur entrée avec Bruce portant une croix comme un pénitent. L’esprit d’Aleister Crowley n’est
pas loin, c’est moi qui vous le dis. Quel plaisir également
d’assister à ce ballet de soli magistralement joués tour à tour
par les 3 guitaristes historiques : Dave Murray, Adrian Smith
sans oublier Janick Gers qui fait tournoyer sa 6 cordes avec
dextérité. Si vous aimez la guitare, vous êtes servis et en
quantité. Iron Maiden n’est pas avare en mélodies ce qu’on
apprécie au centuple. Que dire de Nicko McBrain et de Steve Harris ?
L’un frappe ses fûts tel un diablotin farceur, le sourire aux
lèvres, l’autre dégaine sa basse telle une mitraillette aux
décibels savamment aiguisés. Au bout d’1h30 et beaucoup de sueur,
le groupe s’éclipse. Mais nos idoles ne vont pas s’en tirer si
facilement, c’est sans compter avec la ferveur des fans qui scandent,
tapent dans les mains, des pieds et tout ce qu’ils trouvent à leur portée pour les faire revenir. Du coup, c’est reparti pour un rappel
et non des moindres car « The Evil That Men Do »,
« Hallowed Be Thy Name » et « Run To The Hills »
font leur apparition dans la setlist. Pour ponctuer le caractère remarquable de la mise en scène flamboyante, on a droit à des effets pyrotechniques. C'est la pastèque sur la pièce montée! Quelques qualificatifs biens sentis pour résumer: grandiose, époustouflant,
magique, impérial, je dirai même, héroïque ! Maiden plus
grand groupe de la NWOBHM ? A vous de me le dire ! Alicia
FIORUCCI
mercredi 20 juin 2018
LOOLIE & THE SURFING ROGERS, Tell Me What You Want (Bullit Records - 2018)
Rock & Swing
Glamour,
sexy et qualitatif, voici les trois ingrédients qui composent cet
album de Loolie & The Surfing Rogers. Ce combo, montreuillois de
son état, vient de sortir son premier opus répondant au doux nom de
« Tell Me What You Want » (Bullit Records). D’emblée,
on est séduit par la pochette, dont les photos (recto/verso) sont de
véritables merveilles signées Benoit Fatou. Formé il y a six ans,
le groupe se fait la main sur un répertoire de reprises avant de
s’ouvrir au fur et à mesure à des compositions originales qui
nous emballent. Leur univers se situe à la croisée du rock 60’s,
du swing, de la soul avec une touche orientale comme sur « Arabian
Night ». Loolie saute à pieds joints dans les bottes de Nancy
Sinatra tant sa tessiture vocale nous rappelle celle de cette
dernière. Acidulée sans être niaise, elle groove et elle rocke
sans pareil. A ses côtés le sax-héro, Mat Le Rouge, aux
collaborations multiples (Dick Rivers, Tony Marlow, Western Machine
…), souffle un ouragan de notes qui « uppercutent » nos
cages à miel. Antoine (guitare, choeurs), Grégoire (basse),
François (basse, claviers, choeurs) et Eric (batterie, choeurs)
assurent une assise sans faille par leur technique et leur sens de la
mélodie. La plupart des titres sont chantés dans la langue de
Shakespeare sauf « Suspendue » écrit par Hervé Scott
Flament (Ici Paris) et « Shumba » une adaptation de
Egyptian Shumba des Tammys. « Tell Me Why » est entêtant,
accrocheur et fait l’objet d’un clip officiel réalisé par
Scopitone Is Not Dead. Le moment « quart d’heure américain »
arrive avec « Sweet Caresses ». Si vous souhaitez
conquérir le coeur de votre belle (ou beau), saisissez l’occasion !
L’album se finit sur un superbe instrumental aux accents surf
« Surfing Rogers ». Aux manettes on retrouve Seb Le Bison
auquel s’ajoute Fred Alpi sur « Beat Me Down » Ce
« Tell Me What You Want » est tout en subtilité, suave à
souhait, entraînant, un petit bijou du genre. Courez l’acheter et
laissez vous embarquer dans un monde où voguent les bonnes
vibrations ! Alicia FIORUCCI
lundi 11 juin 2018
Expo Photos JYM + Concert RICKY AMIGOS, live-report @ Cirque Electrique ( Paris - 09/06/18)
Sangria pour tout le monde, olé!
En
ce samedi 9 juin, une soirée pluri-artistique nous attendait au
Cirque Electrique de Paris. D’un côté, l’exposition photos de
Jean-Yves Maulin dit JYM, pour son blase d’artiste. De l’autre,
le concert de l’ancien Teenage Head, Ricky Amigos. Intéressons
nous d’abord à la partie picturale de la soirée. JYM n’est pas
seulement photographe mais aussi peintre. Son univers est captivant,
brut mais en même temps très travaillé avec des mises en scène
détonantes et désarticulées. Il est influencé et passionné par Helmut Newton, Peter Lindbergh, Andy Warhol et sa "factory", mais aussi David Lynch sans oublier les Sex Pistols ou autres Ramones.
![]() |
| Jym Factory |
Ayant fait la route depuis Nancy, JYM est venu nous présenter son
livre de recueil de photos« Disturb » qu’il a réussi à
financer grâce à une campagne de crowdfunding en mars 2016. Rentrer
dans le monde de JYM, c’est se prendre un uppercut dans la rétine !
Puis passons maintenant, à la partie musicale avec l’inventeur du
flamenco-rock en France, Ricky Amigos. Natif du Béarn, il est
espagnol de coeur puisqu’il a passé son enfance en Andalousie.
Après diverses formations dans le sud et le sud-ouest, il monte à
Paris dans les années 70 où il fonde Ricky Amigos montrant la voie
à d’autres groupes comme Les Négresses Vertes ou la Mano Negra.
Pendant, plus d’1h30, Ricky, guitare sèche à la main, distille
son étonnant cocktail sonore entre flamenco, rhumba, musique gitane
et bien sûr rock n roll. Pour preuve, il adapte le « Brand New
Cadillac » de Vince Taylor à sa sauce. Accompagné par El
Melenas à la guitare électrique, El Primo à la basse et Moza Pop
derrière les fûts, le groupe est une explosion de bonne humeur et
de savoir-faire.
![]() |
| Ricky Amigos / Photo Alicia Fiorucci |
On voit clairement qu’ils se font plaisir et sont
communicatif avec le public qui se met d’un seul coup à danser sur les rythmes ibériques. On ressent une réelle sincérité dans les
paroles chantées dans la langue d’Eduardo Mendoza, où il nous
parle de ses expériences. Ricky interprète quelques morceaux de son
dernier album « Bronco » (Rock Paradise) dont « Flor de Cristal », « Hel Cormoran », « La
Casa Feliz » et bien d’autres encore. En tout cas, la musique
de Ricky Amigos nous transporte, nous enchante, fait du bien à
l’âme. Un moment frais, jovial, entraînant, une véritable
fiesta ! Alicia FIORUCCI
![]() |
| Ricky Amigos / Photo Alicia Fiorucci |
mercredi 6 juin 2018
RACE WITH THE DEVIL, Serious Publishing - Soirée de Lancement @ Artcube (05/06/18)
BIKES & BOOK !
![]() |
| Tony Marlow / Photo Alicia Fioruci |
Mardi
5 juin, direction la galerie Artcube (9 place de Furstemberg) pour la
soirée de lancement de « Race with the Devil » sorti aux
éditions Serious Publishing. Cet ouvrage est un recueil de photos de
Yan Morvan illustrant des motards et autres blousons noirs à la fin
des années 70 en France. On retrouve des figures emblématiques
comme Johnny de Montreuil, Charlie Pastor et bien d’autres encore.
Il est augmenté d’une nouvelle inédite signée Pierre Mikaïloff
et d’un témoignage de Loulou de Crimée. Un véritable flashback
dans cette époque désormais révolue. Ce soir, quelques personnes
présentes dans le livre jalonnent l’assemblée comme notamment
Bernard Soufflet devenu tatoueur. Beaucoup sont arrivés sur leur
chevaux d’acier chromés afin de fêter le plus dignement possible
la naissance de cet ouvrage. Il règne une atmosphère digne de celle
de L’Equipée Sauvage dans le 6e arrondissement. De plus, nous avons la présence du photographe et des auteurs venus apposer leur griffe et partager leur tranche de vie. Mais ce n’est pas tout !
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| Devant la galerie Artcube / Photo: Alicia Fiorucci |
Qui de plus indiqué pour animer la partie musicale
de la soirée ? Tony Marlow, bien sûr, qui a connu bon nombres
de personnes figurant dans le bouquin.
![]() |
| Tony Marlow / Photo: Alicia Fiorucci |
Le rockabilly troubadour est
venu en solo pour délivrer quelques chansons remplies de vécu et de
sincérité, caractéristiques communes que nous retrouvons au fil
des pages de l’ouvrage. Notre rockin’ rebel assène avec fougue
et conviction 10 morceaux de son cru dont « Le Cuir et le
Baston », « Laissez moi Dormir » et finit en rappel
sur une reprise du légendaire Crazy Cavan « My Little Sister
Got a Motorbike ». On ne pouvait pas faire plus raccord entre
l’écrit et l’auditif. Un grand merci à Filo Loco à l’origine
du livre et de l’événement. Let’s read, ride and rock !
Alicia FIORUCCI
![]() |
| Filo Loco de Serious Publishing à droite / Photo Alicia Fiorucci |
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