A
l’heure où sort son nouvel album « Terre Neuve »
(Verycords), Brigitte Fontaine revient en force avec un ouvrage de
Benoît Mouchart relatant sa vie d’icône des années 60. Le livre
se déroule de manière chronologique commençant par son enfance à
Morlaix où ses parents sont enseignants. Elle développe un goût
prononcé pour la littérature et le théâtre. Très tôt sa
personnalité fascinante et singulière s’affirme. Au début des
années 60, elle décide de conquérir la Capitale, c’est ainsi
qu’elle se produit sur les planches en y interprétant ses propres
textes. La voilà partie à la conquête de sa mission pour
« l’honneur des femmes » et « venger son
sexe ». Brigitte Fontaine revendique haut et fort son parcours
original en marge de la société qui pour elle est une aliénation
totale pour celles et ceux qui s’y conforment. Cette biographie est
la seule existante sur cette artiste aux multiples talents et
facettes. On retrouve, hormis les entretiens d’avec la Dame, ceux
de Jacques Higelin, Etienne Daho, Alain Bashung, Kim Gordon et bien
d’autres avec qui elle a collaboré sans oublier son compositeur
fétiche et amant Areski Belkacem. De plus, le livre est jalonné de
photographies dont la plupart sont inédites, ce qui pour les fans
est un bonheur sans faille. L’auteur n’en est pas à son premier
travail d’approche sur la chanteuse puisqu’il a aussi co-réalisé
avec Thomas Bartel un documentaire pour Arte. Brigitte Fontaine a
toujours su se renouveler à travers les décennies faisant d’elle
une figure importante du paysage créatif hexagonal et même au-delà.
La comédienne, dramaturge, poétesse, romancière et chanteuse n’a
définitivement pas envie de rabaisser son majeur qu’elle dresse à
la face du monde puisque vous pourrez la retrouver en croisade lors
de sa nouvelle tournée qui passera par l’Olympia le 29 mars
prochain ! Alicia FIORUCCI
vendredi 13 mars 2020
BRIGITTE FONTAINE, Benoit Mouchart (Le Castor Astral)
Chronique initialement parue dans le numéro 400 de Jukebox Magazine
jeudi 12 mars 2020
BILL HALEY & His Comets, Don't Knock The Rock, Bear Family (BAF 11023)
Chronique initialement parue dans le numéro 398 de Jukebox Magazine!
Le
rock and roll a un seul et unique pionnier répondant au nom de Bill
Haley. En effet, William John Clifton Haley est le premier blanc
(avant même Elvis Aaron Presley) à populariser le genre musical dès
le début des années 50. Vous avez sans doute tous en tête ses
titres « Shake, Rattle and Roll », « Razzle
Dazzle » ou encore « Rock Around The Clock » !
Tous ces singles ont été vendus à plusieurs millions d’exemplaires
à travers le monde et continuent de faire danser les rockeurs de
tout horizon ! En 1956 sort aux USA le film musical « Don’t
Knock the Rock » dont la bande originale du long-métrage
comprend des chansons de Little Richard, Alan Dale, The Treniers,
Dave Appell and The Applejacks mais surtout celles de notre bon Bill
Haley. Vous tenez entre vos mains la réédition par Bear Family du
25cm de 1957 sorti sur le label australien Festival. Il s’agit d’un
magnifique vinyle transparent en édition limitée à 500 exemplaires
(c’est dire la rareté de l’objet) qui comprend deux titres
bonus : « I’ll Be With You In Apple Blossom Time »
(1957) et « Caldonia », le très célèbre titre de Louis
Jordan de 1945 que Bill Haley and His Comets enregistrent en 1959. De
plus, quel plaisir d’avoir la reproduction de la pochette rare
originale en noir et blanc où l’on voit Bill Haley entouré de ses
étincelants « Comets ». On y retrouve entre autres le
titre éponyme du film, « Hot Dog Buddy Buddy », Calling
All Comets » mais aussi l’instrumental « Goofin’
Around » où les talents du guitariste Franny Beecher et ceux
du contrebassiste Al Rex sont mis en exergue. En effet, le jeu du
second en influencera plus d’un tant le « slap »
(technique de jeu permettant de produire des sons percussifs sur un
instrument non prévu pour ça initialement) est novateur pour
l’époque. Bill Haley marquera les esprits grâce à sa coiffure et
aussi signature visuelle, l’accroche-cœur et restera pour
toujours une légende du rock and roll. Alicia FIORUCCI
mardi 25 février 2020
TOUTE UNE VIE D'ANGE, Jean-Noël Coghe / Christian Décamps (Les Presses du Midi)
Chronique initialement parue dans le numéro 398 de Jukebox Magazine!
Un
demi siècle, c’est la durée pendant laquelle on est sur la trace
des fées avec Ange. En effet, le célèbre groupe de rock progressif
originaire de Franche-Comté se fonde en 1969 autour des frères
Décamps, Francis et Christian. Le second, seul membre originel
toujours à bord du navire, livre à Jean-Noël Coghe une kyrielle de
souvenirs, d’anecdotes, mises au points et autres coups de gueule.
Ange, à l’univers très original mêlant contes médiévaux,
fresques quotidiennes, et autres histoires fantastiques chantés dans
la langue de Molière, n’a cessé de produire des pépites du rock
français générant six disques d’or. C’est ainsi que le groupe
traverse les décennies et influence des nouveaux venus sur la scène
rock progressive comme Steven Wilson. De plus, le groupe réussi le
pari de fidéliser un maximum de personnes que l’on surnomme
affectueusement « les imbibés ». Ce magnifique ouvrage
de 321 pages est illustré par des photos allant de la tendre enfance
en passant par celles de moments privilégiés mais aussi scéniques
ainsi que des affiches et tickets de concerts d’époque le tout
saupoudré par des pochettes d’albums. On ne peut occulter
l’excellent travail de Phil Umbdenstock pour l’aspect pictural
unique dont Ange est doté. Le côté visuel n’est pas le seul
élément extérieur à la lecture puisque les deux cd additionnels
permettent un plongeon sonore restituant des moments forts et inédits
(comme des interviews) recueillis au fil des ans. On accède donc à
une véritable synesthésie au-delà du délire de Ange. Jean-Noël
Coghe, au pedigree non négligeable (RTL, France Inter, Disco Revue,
Rock & Folk, RMC), propose ici un ouvrage d’une qualité
indéniable où l’on assiste à une touchante mise à nu du poète,
saltimbanque et musicien qui a toujours mille et un projets à
réaliser. En tout cas, ce livre est une immersion complète dans un
monde où tous ont un pied dans la marge. Alicia FIORUCCI
lundi 24 février 2020
ROCKASTORIA, Jack Lalli (Aimes Editions)
Chronique initialement parue dans le numéro 399 de Jukebox Magazine
La
scène rock n’a pas toujours eu son épicentre dans La Capitale. En
effet, les villes de provinces ne sont pas en reste. A travers cet
ouvrage, Jack Lalli nous fait voyager au coeur de Nice et son
pourtour méditerranéen avec ses souvenirs de passionné du rock en
y relatant « rockitudes », escapades et autres chroniques
mais pas que. En effet, le livre est jalonné de moult anecdotes
comme ce jour de 1963 où Gene Vincent & The Blue Caps arpentent
les planches du Casino Municipal qui se fini dans l’agitation et
l’anarchie à grand renforts de lancement de projectiles dans les
baies vitrées. Jack a eu aussi la chance et la joie immense
d’interviewer plusieurs artistes de renommée internationale ainsi
que d’autres plus underground. On y retrouve Daevid Allen (Soft
Machine, Gong), Christian Vander (Magma) Jean-Marc Eusébi, Gilles
Choir (qui est le frère de Yves qui a officié chez Little Bob
Story) et bien d’autres encore… Il nous emmène aussi dans sa
caverne d’Ali Baba faite de vestiges de concerts comme ce jour du 2
février 1982 où il fonce à Marseille pour aller voir la légende
Alice Cooper. Jack expose ici ses émotions de véritable féru de
rock tout en véracité et vrai vécu. Ici pas de pipeau tout est
franc et sans faux semblant. On va de The Church en passant par The
Stranglers mais aussi Queen, Blue Öyster Cult, Tina Turner. La scène
niçoise n’est pas en reste car les Playboys ont la part belle dans
cet ouvrage. L’auteur nous emmène au plus profond de sa vie rock
and roll et de son expérience personnelle dans ce milieu. Pour lui
« communiquer c’est revendiquer ». En effet, quoi de
plus beau que la transmission, l’échange et le partage entre
personnes qui, un jour, se retrouvent happées par la musique qui
vient de là qui vient du blues. Vous avez entre vos mains un livre
de fan qui parle aux fans, aux aficionados de la musique que nous
défendons tous ! Merci Jack pour cette belle immersion au sein
d’un univers qui nous est cher ! Alicia FIORUCCI
dimanche 23 février 2020
PRESSING, Philippe d'Anière (Pressing Editions)
Lyon,
fin des années 70. Un groupe punk sonne comme une déferlante avec
ses 4 albums et sa dizaine de singles sortis...Starshooter s’impose
comme un des fleurons du genre en France. L’aventure « Starshoot’ »
dure moins de dix ans mais assez pour effectuer des passages radio,
télés et autres actions à but promotionnel. Le groupe devient
suffisamment populaire et célèbre pour que quatre décennies après
on s’en souvienne encore. Un certain Philippe d’Anière officie
en tant que batteur et opte pour un pseudo qui lui collera à la
peau, il devient Phil Pressing. Dans cet ouvrage, Phil livre « sa
story ». Il y va de sa petite enfance/ adolescence en passant
par ses années musicales, puis son exil au pays des « stars
and stripes », sous les palmiers de Los Angeles. Il se lance
dans le business du pressing industriel de jeans et de tee-shirts
entre autres affaires pas toujours très catholiques (mais juteuses)
entrecoupées par de petits séjours à l’ombre pour diverses
histoires (drogues, prostituées, illégalité) jusqu’à monter son
entreprise de restauration de bateaux, toujours là bas, là où les
nuits ne sont jamais froides même quand tu manques d’argent et que
tu dors à la belle étoile. Philippe raconte son épopée sans
langue de bois, ce n’est pas son genre, sans faux semblant, sans
complaisance, le tout avec humour et dérision. Une véritable
biographie plus vraie que nature au coeur d’un destin hors du
commun. Avouez qu’il fallait une sacrée dose de courage pour
quitter son pays à même pas 30 balais pour se retrouver sur la côte
Pacifique ! Si vous souhaitez un ouvrage politiquement correct,
je crois qu’il vous faut passer votre chemin ! Par contre, si
vous désirez un livre où la véracité jaillit à chaque ligne,
foncez, vous ne serez pas déçus et vous demanderez même un second
tome ! « Hasta la vista baby ! » Alicia
FIORUCCI
mardi 3 décembre 2019
POP ROCK, Les Concerts de Légende - Julien Deléglise/Daniel Lesueur (Camion Blanc)
Chronique parue dans le numéro 394 d'octobre 2019 de Jukebox Magazine
Que
seraient les groupes de rock sans la scène ? En effet, écouter
les supports cd et vinyles voire même cassette a ses limites (bien
qu’ils soient utiles aux nouvelles générations n’ayant pas
connu cette période) , rien de vaut le ressenti procuré lorsque
l’on est devant les planches, à en prendre plein les esgourdes et
les mirettes. C’est ainsi que sont devenus cultes certains concerts
de nos artistes fétiches. L’ouvrage concentre son étude de ces
prestations légendaires entre les années 60 et 70. Pour sûr c’est
dans ces années là où l’explosion créative était à son apogée
que tout bougeait très vite et pour la majeure partie bien. C’est
pourquoi Julien Deléglise et Daniel Lesueur se sont penchés sur les
concerts marquants de ces deux décennies. Parmi eux nous retrouvons,
les Beatles à l’Olympia en 64, Janis Joplin lors du festival de
Woodstock, Black Sabbath en 1970 à Bruxelles, Iron Butterfly en 1971
à Göteborg, Chuck Berry et Jerry Lee Lewis à la fête de l’Huma
en 73 mais aussi Johnny Hallyday en 74 à Bochuz en passant par AC/DC
à San Francisco en 1977 et bien d’autres encore… Les auteurs ont
creusé la question et les mystères des prestations « live »
avec une flopée d’anecdotes qui sont aussi rocambolesques les
unes que les autres. Quelques mots à présent sur Julien Deléglise.
Né en 1979 il se passionne pour le rock en 85 lors de la sortie « Un
Autre Monde » de Téléphone. Depuis cette date la musique
électrique ne le quittera plus. Il animera une émission de radio
puis passera à la presse musicale (Blues Again, Jukebox Magazine) et
aux ouvrages musicaux comme les livres sur Jethro Tull
mais aussi sur Les Variations. Quant à Daniel Lesueur, né en 1952
il est
auteur,
journaliste
de la presse musicale,
animateur radio et producteur d'artistes et
il
est aussi le premier à commercialiser en France les disques vinyles
pop rares des années 60. En tout cas, cet ouvrage est une petite
pépite pour toutes
celles
et ceux
qui veulent se replonger dans les performances scéniques
des groupes et artistes que nous chérissons. Alicia FIORUCCI . mercredi 20 novembre 2019
TONY TRUANT & Les Solutions du Sud Profond, Chez Maryse et Lulu (2019)
CHRONIQUE PARUE DANS LE NUMERO DE JUIN 2019 DE JUKEBOX MAGAZINE
Après
son passage au sein des Dogs puis actuel guitariste des Wampas,
Antoine Masy-Perier, plus connu sous le pseudonyme de Tony Truant,
n’en est pas moins un artiste sous son propre nom. Fort de
plusieurs albums en solo dont un avec les Fleshtones de New York en
2005, il nous envoie une nouvelle missive accompagné de Ses
Solutions du Sud Profond (Esteban, Manuel, Roméo et Thomas). Capturé
en live chez Maryse et Lulu à Sète, endroit où les propriétaires
sont passionnés de la musique du diable jouée sur les planches, on
est en présence d’une pépite du paysage rock français. Cet objet
flambant neuf, sorti à 500 exemplaires, se compose d’un 45T en
pochette ouvrante et d’un CD 6 titres. Autant vous dire de suite
que dans le futur, il va devenir collector ! Après les
présentations d’usage de Pascal Granger, c’est parti pour « Trop
de Classe Pour Le Voisinage » adaptation dans la langue de
Molière de « Too Much Class For The Neighborhood » du
groupe de ses débuts puis comme une adaptation n’arrive jamais
seule, on passe à celle des Kinks « A Well Respected Man »
ici sous le nom de « Un Jeune Homme Bien », ces deux
titres revisités et dépoussiérés façon Truant sont ceux qui
figurent sur le 45T. Puis Tony nous balance dans la face quatre
compositions originales des plus directes, à grand renfort de riffs
cinglants et francs, on se les prend fissa dans les cages à miel
« Vérole », « Dipsomanie », « La
Grande Méchante Toinette » et « La Fille de
l’Infirmerie » (paroles d’Eric Tandy des Olivensteins). On
retrouve avec plaisir les univers de « L’Oeil Américain »,
d’« Ovomaltine, Benzedrine et Vengeance » mais aussi
d’« On The Rocks ». Ce nouveau brûlot enregistré,
mixé et masterisé par Jim Diamond (The Sonics, The Fleshtones, The
Pack A.D etc.) donne à l’ensemble sonore une couleur garage rock
qui n’est pas sans déplaire, bien au contraire. Le tout mêlé à
la fougue de Tony Truant, il en ressort un mets succulent. Alicia
FIORUCCI
Inscription à :
Articles (Atom)





