vendredi 20 avril 2018

ERIC CLAPTON, Clapton Cover


Chronique initialement parue dans Jukebox Magazine de février 2018. 

Clapton Cover
Alain Gouvrion
Editions du Layeur

Dans la catégorie des grands guitaristes qui ont jalonné la vie de plusieurs milliers de passionnés et d’amateurs de rock, nous retrouvons Eric Clapton. D’ailleurs, ce brave Eric fut une des raisons de la venue de Jimi Hendrix sur les terres anglaises. En effet, selon la légende, la condition qu’émit le génial gaucher à Chas Chandler, qui souhaitait lui faire enregistrer son premier single au Royaume-Uni, était de rencontrer le soliste des Cream. Eh oui, pour Jimi Hendrix, Eric Clapton apparaissait comme la référence britannique de la guitare. Dans cet ouvrage Alain Gouvrion retrace toute la carrière de slowhand : des Yardbirds aux Blues Breakers, en allant vers le power trio légendaire Cream, son projet avec Blind Faith mais aussi Derek and the Dominos et plus près de nous sa collaboration avec B.B King sans oublier J.J Cale et bien sûr ses différents albums solos avec les tubes « I Shot the Sheriff » et « Cocaine ». La légende du rock qui puise ses influences dans les méandres du blues ne cesse de fasciner. Le livre est une discographie visuelle et commentée par l’auteur qui raconte l’histoire de la création des albums à l’aide d’anecdotes mais aussi de quelques phrases percutantes où il passe en revue toutes les galettes d’Eric Clapton en y apposant sa griffe de journaliste et de critique musical en activité depuis plus de 25 ans. Spécifions qu’il s’agit ici d’un magnifique ouvrage (hormis le contenu qualitatif de ce dernier) que nous avons entre nos mains, un très bel objet avec couverture cartonnée et reliée que les collectionneurs se délecteront de feuilleter pages après pages (224). On se retrouve très rapidement en pleine immersion dans l’oeuvre foisonnante du guitar héro. Pour bon nombre de lecteurs, beaucoup de souvenirs remonteront à la surface car vous allez vous rendre compte qu’Eric Clapton a constitué la bande sonore de votre vie.

Alicia FIORUCCI

mercredi 18 avril 2018

ELVIS PRESLEY, histoires et légendes.

Chronique initialement parue dans Jukebox Magazine de novembre 2017


Elvis Presley, histoires et légendes
Daniel Ichbiah
(DanicArt)



Elvis ! Que n’a-t-on pas encore dit sur ce pionnier de la musique du diable? Elvis fascine, Elvis dérange, Elvis surplombe le monde du rock n roll, c’est sûr et certain. La preuve plus d’un demi siècle plus tard, on en parle toujours avec autant d’engouement et de passion. Cette exaltation démarre en 1956 jour mémorable où il donne son concert à Tupelo, sa ville natale. Ses contemporains n’avaient encore jamais vu se trémousser comme tel un chanteur/guitariste à la voix grave et suave proche de celle du gospel, chose étonnante pour un blanc à cette époque . Quel cataclysme, son « Heartbreak Hotel » et son « Hound Dog » : une pêche, une hargne, une sorte de révolte bouillonnaient en Elvis Aaron Presley. Et ce ne sont pas les décennies écoulées qui prouveront le contraire. Cet ouvrage « Elvis Presley, histoires et légendes » est une adaptation d’un magazine hors-série intégralement réalisé par Daniel Ichbiah, journaliste, écrivain de son état mais aussi chanteur et auteur-compositeur. Il se concentre surtout sur la période allant de la naissance du futur King en passant par l’année 1956 où il explose à la face de la planète jusqu’en 1969. La phase des 70’s est relatée mais de manière plus succincte. Comme le titre l’indique, Daniel s’intéresse aussi aux légendes autour d’Elvis dont une fondamentale comme quoi il serait toujours des nôtres. Les fans sont tellement imprégnés par leur idole que toutes les théories sont possibles et on ne recule devant rien pour que l’âme et l’esprit du King demeurent vivants. Quelques témoignages de Bob Dylan, Jim Morrison, Salvador Dali mais aussi Line Renaud et d’autres viennent compléter ce livre. Il est, de plus, enrichi de la discographie d’Elvis ce qui est hautement appréciable pour un ou une néophyte qui souhaiterait s’ouvrir à sa carrière et pour ceux qui voudraient agrémenter leurs connaissances musicales sur le maître du rock n roll. Daniel Ichbiah au fil des pages nous permet une immersion fort agréable dans la vie de l’habitant de Graceland, le tout sans redondance. 

                                                                                                                    Alicia FIORUCCI       

lundi 16 avril 2018

DAVE GROHL: Nirvana, Foo Fighters et autres mésaventures!


Chronique initialement publiée dans Jukebox Magazine d'octobre 2017

Dave Grohl
Nirvana, Foo Fighters et autres mésaventures
Martin James
(Castor Astral)



C’est en plein contexte de la sortie du nouvel album des Foo Fighters «Concrete and Gold » et de leur passage en juillet à l’AccorHotels Arena à Paris pour leur tournée mondiale, que sort cette biographie de Martin James sur l’interplanétaire Dave Grohl. Depuis ses 17 ans au sein de Scream, le gaillard n’a cessé de gravir les échelons du monde rock n rollesque. En effet, quand on a été batteur du cultissime groupe grunge Nirvana, on sait pertinemment que l’on a joué un rôle majeur dans le renouveau du rock au sens large. Il aurait pu se laisser aller et sombrer dans les personnalités oubliées mais Dave ne l’entendait pas de cette oreille. Il s’est donc renouvelé avec brio post décès de son compère Kurt Cobain en 94. Entre les Foo Fighters, dans lequel il délaisse les fûts et agrippe guitare et micro et ses différentes collaborations (Queens of the Stone Age, Killing Joke, Prodigy, Juliette and the Licks ou encore Slash…), Dave nous prouve qu’il ne voulait pas en rester là, qu’il avait encore beaucoup à nous livrer, c’est ça aussi la générosité avec son public. De plus, il est toujours resté fidèle à cette devise du mouvement punk, « DIY », le fameux Do It Yourself littéralement, Fais-le toi-même) en s’aguerrissant des rudiments de tous les instruments. Martin James, en tant que journaliste notamment pour Mojo, The Independant, Uncut et d’autres, retrace la trajectoire du multi-instrumentiste en s’appuyant sur des témoignages inédits des proches de l’artiste. Cet ouvrage est certainement la biographie la plus complète en français (traduction de l’anglais par Thomas Luchier). Petit plus non négligeable, on retrouve l’intégralité de sa discographie, ce qui nous permet d’allier l’auditif à la lecture pour une immersion parfaite dans le monde de Dave Grohl. Du petit gars de Seattle jusqu’à l’icône du rock légendaire, Dave a su faire de sa passion son mode de vie.

Alicia FIORUCCI

mardi 31 mars 2015

Fête Fan-Club , NATCHEZ (17 janvier 2015)

Quelques informations avant de vous dévoiler suite. C'est sous les encouragements du président du fan club de Natchez, Michel Krauzé,  que depuis 2011 (année où j'ai découvert Natchez) j'écris pour leur bulletin de manière régulière. Donc il allait sans dire que je coucherai sur écran le report de cette soirée. Et maintenant à vous de jouer! 


17 janvier 2015, c’est après s’être empiffrés de joyeusetés gustatives, que la fête du fan club de Natchez pris ses racines. En effet, après avoir bouffé de la dinde aux marrons et autres bûches glacées et petits fours concoctés par mémé, il était grand temps de  retrouver nos racines et de rock n rolliser en ce début d’année. Alors, quoi de mieux que de se rendre à Somme-Vesle, petit village marnais de 300 âmes afin de rassembler le plus grand nombre d’amateurs de rock sudiste. Non mais?

Photo : Jean-Noel Sirot
La fête du fan club, c’est l’occasion de revoir toutes les personnes gravitant autour de l’univers de Natchez. Et les gens débarquent des 4 coins de l’Hexagone. En effet, bien que Natchez soit issu du pays 51 (Pastis, quand tu nous tiens), les gaillards arrivent à fidéliser un bon nombre d’individus qui sont dispatchés partout en France (et même au-delà). Eh oui Charlie Starr ne sera pas de la partie, dommage. En tout cas, une chose est sûre, c’est que les hostilités rock n rolliennes commencent, bien évidemment, avec un apéro digne de ce nom. Bière, vin, punch et bien sûr soupe champenoise. Qu’est-ce donc ce breuvage me diriez-vous ? Crémant, Pulco, Perrier, Cointreau et sucre de canne. Il va de soi que durant toute la soirée, on aura en filigrane (et bien plus encore) de la musique. En fond sonore, nous allons de Blackberry Smoke à The Darkness en passant par Aerosmith et les incontournables AC/DC et Lynyrd Skynyrd. Enfin, un savant cocktail distillé avec l’alambic de la musique du diable. Les z’ami(e)s c’est pas le tout mais un tour de musique live, ça vous dit ? Yeah, let’s go avec le tout premier album que Natchez va nous interpréter 20 ans après. De la secousse, nous irons causer avec Charlie Oleg et Robert sans oublier Marilou puis aller faire un tour Chez le Coiffeur , et que diriez vous d’une escapade bretonne alors, Rock n Roll Bigouden et on finira le tout, en beauté avec une belle Diarrhée . Enfin bref, qu’est-ce que c’est bon de ré-entendre ces titres là. Mention spéciale à Ben qui ne figurait pas sur l’album sorti en 95. Il n’empêche bien que la fête soit au rendez-vous, une petite âme zébulonne manquait à l’appel. Eh oui, le Prez étant souffrant ce jour là, n’était pas des nôtres mais tout le monde pensait à lui. Je vous le garantis. Mais bon allez, on est là pour rocker pas pour s’apitoyer, non ? Les gueules d’enterrement, c’est pas à l’ordre du jour. C’est ainsi, que l’entrée fait son apparition, faut bien éponger et aussi avoir des forces pour continuer la soirée. Car, je vous prie de me croire que les gars, on ne les use pas comme ça ! Alors petite pause ravitaillement et c’est reparti pour un tour de musique live. Cette fois ci on aura un petit patchwork de leurs titres habituels, Tais Toi, Coude sur le Bar , Paradis avec Toi en passant par Chaman etc… ! Enfin, toutes les personnes qui liront ce report savent amplement de quoi je parle. Puis c’est le moment de l’inévitable jambon au foin accompagné de ses pommes de terre de faire son entrée. Quel délice ! Un bon plat bien rustique pour faire le plein de carburant pour la partie jam session de la soirée. En effet, les musiciens ne sont pas chose rare dans ce petit coin de Marne. Des groupes comme Quince Jelly, Shoeilager, Les Rednecks, Broken Fingaz … ont leur berceau dans cette région. C’est donc naturellement que des bœufs se forment. Et d’ailleurs en parlant de Bœuf, on assistera à une reformation EXCEPTIONNELLE des Rodriguez. Alors, là quel pied d’enfer ! C’est ainsi que sur les coups de 4h du mat’ le petit monde s’égraine mais ce n’est pas fini …. On continue bien évidemment la soirée chez nos hôtes respectifs… En tout cas, la Natchez Family, on s’y sent comme à la baraque et ça pue l’amitié à plein pif ! Merci les gars de nous permettre de nous revoir, au moins une fois par an durant cette soirée , c’est franchement classe ! See you en concert maintenant !


Alicia Fiorucci

mardi 29 juillet 2014

THE BOYS, Live Report (Germany 25/26 Mai 2014)

Moi Alicia F, 25 ans, rock n rollement timbrée, je me laisse trainer par mon conjoint autant fêlé que moi, en plein territoire teuton à la conquête d’un groupe punk des années 70, à savoir les Boys. Ce groupe, né des cendres des London SS et des Hollywood Brats, vit le jour en 76 en plein balbutiements de la vague punk anglaise. C’est ainsi en 77, qu’ils sortent leur premier album culte éponyme et viennent nous rentre visite en Hexagone lors du festival punk de Mont-de- Marsan, organisé par Marc Zermati. Les gars sortent 4 albums, une kyrielle de 45T, flirtent avec des moments de gloire, tournent continuellement mais l’aventure s’arrête en 82. C’est en 99 qu’ils reviennent timidement sur le devant des planches pour quelques festivals, mais cela ne sera qu’en 2014 qu’ils se lancent dans une tournée germanique qui passe par le Das Bett de Frankfurt et où je serai de la partie. On est le 25 mai et quoi de mieux que de se faire un périple en « teutonie ». Alors embarquez avec moi !

C’est en pleine zone industrielle que nous avons rendez-vous avec le Das Bett, petite salle intimiste qui transpire la culture alternative à plein pif. Quelques personnes sont déjà devant l’entrée à siroter quelques boissons houblonnées avant de pénétrer dans l’antre punkifiant à souhait. Je remarque, que nous sommes les deux seuls français dans cette assemblée, mais quand bien même, « we don’t care » parce que la passion dépasse largement les frontières. En effet vers 21h, la première partie s’aventure sur scène. Il s’agit de Monkey Suite & DJ Lord Gergel. Bon, ne vous fiez pas à la seconde partie de l’appellation, il ne figure aucun DJ dans cette formation qui comporte guitare, batterie, basse et chant. Une ligne vocale attaquante par la sculpturale Cat Diva  qui drapée dans une tenue « léopardisée » capte notre attention de part son savoir-faire autant scénique que par sa voix. Ce combo de Frankfurt distille un punk teinté de rockabilly aux relents popisants et vont accaparer la scène pendant une quarantaine de minutes avant de céder la place aux anglais. En tout cas, bonne petite découverte venue d’outre-rhin. Au bout de vingt minutes de changement de plateau, le plat principal arrive. Alors, je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m’attendre niveau live. J’avais déjà tendu l’oreille sur quelques skeuds mais rien de visuel. Alors c’était avec un gros point d’interrogation dans la caboche que le concert commença. Voici que les Boys débarquent sur scène avec une dégaine soignée, un mix de punk, glam aux accents rock n roll à grands renforts de lunettes noires et perfecto. Tous ces éléments oculaires vont se retranscrire dans leur musique d’une énergie sans faille qui ne laisserait aucune âme soumise à la tentation démoniaque, indifférente. Matt Dangerfield (chant et guitare), Steve Fielding (Basse et choeurs), Honest John Plain (guitare et chant), Casino Steel (claviers et chœurs) ainsi que Martin H-Son derrière les fûts vont nous asséner un bon coup de rock n roll punkisant de plein fouet. C’est ainsi, retraçant avec ferveur, leurs tubes de  First time  à Weekend  en passant par  Cast of Thousands  ou autres  Brickfield Nights  que les gaillards vont ravir le Das Bett de Frankfurt. De plus, quel plaisir d’entendre en live deux  nouvelles chansons tirées de leur nouvel album qui sort le 20 juin s’intitulant  Punk Rock Menaupose ». Autant vous dire, que le sens de l’humour ils l’ont, et ce n’est pas plus mal. C’est au bout 1H15 et un rappel que les gars quittent la scène sous les applaudissements des aficionados présents ce soir. On n’allait pas s’arrêter en si bon chemin, non mais ! C’est ainsi qu’on se présente à leur stand afin de discutailler un moment avec eux. Après les « C’était super, merci » et autres « J’espère qu’on vous reverra » voici le moment de leurs dire qu’on venait de France. Ce fut le moment de surprise de leur part et surtout de satisfaction de constater que quelques survivants les écoutaient encore au pays de Molière. Du coup, on se retrouve « backstage » et ni une ni deux nous voici sur la liste en tant que « guests » pour la date du lendemain à Stuttgart. Un imprévu de bon augure qui tombe à pic car en mai on fait ce qu’il nous plait. C’est ainsi, après une bonne heure d’after gig, qu’on se salue et qu’on se dit « see you tomorrow ».



Après une courte nuit récupératrice et 210kms dans les guiboles qu’on arrive au Zwolfzehn en pleine Paulinenstrasse de Stuttgart où une soirée triple dose nous attend. En effet, ce n’est pas un, ni deux mais trois groupes qui vont nous botter le derrière ce soir. Les festivités démarrent avec Aintuse, nous proposant leur savant mélange de punk et d’hardcore à la sauce américaine, ensuite vint l’heure de Franceens qui envoie un punk garage à The Hives en beaucoup plus survolté avec présence féminine bassistique, des plus respectables, à la clef. Puis, c’est reparti avec le groupe fil rouge du week-end, Les Boys. Le Zwolfzehn qui, au départ, était à moitié plein se le retrouve complètement. En effet, les vieux brisquards attirent encore du populo, de surcroit, parmi les jeunes générations. Comme quoi, le langage musical est intergénérationnel et, que nenni, on ne s’en plaindra pas ! C’est avec une flopée de titres dans leur mallette que la bande à John Plain va encore nous satisfaire en nous baladant à travers Terminal Love , TCP,  Sick on You et autre Sabre Dance en guise d’intro-show. A travers les deux performances germaniques, on peut affirmer que les anglais nous font un réel panorama de leur carrière. Et ce n’est pas fini puisque la grâce vient de nous atteindre. Eh oui, trois nouvelles missives vont nous être proposées et pas des moindres Punk Rock Girl, 1976  et le déjà tubesque  I’m a Believer. Grosso modo, si les Beatles avaient été punks, les Boys les auraient incarnés à la perfection. Il n’empêche, quel plaisir de voir scander les paroles à travers cette audience pogotante à la limite de la Boys-mania. 1H25 ça passe trop vite quand c’est exquis. Mais bon, ils reviendront, j’en suis certaine. C’est sur quelques salutations amicales et beaucoup de chaleur dans nos cœurs que nous les voyons dans leur van partis pour d’autres aventures punkifiantes.

Honest John Plain, Martin H-Son, Casino Steel, Steve Fielding, Matt Dangerfield
Photo: Caps Combat Rock

Pour nous, c’est un long retour qui nous attend mais avec plein d’étoiles dans la cervelle, quelques courbatures et des mélodies qui courent dans l’encéphale. Il n’empêche que ces deux jours ont été une ode à la passion, un bon coup de pied au cul aux ondes négatives et des rencontres humaines des plus favorables. De plus, les Boys n’ont pas dit leur dernier mot. En effet, ils vous attendent le 13 septembre au Jazz Café de Londres pour la Release Party de leur nouvel opus. Alors mesdames, mesdemoiselles et messieurs, rendez-vous au pays de Big Ben en septembre! Merci les gars !

Alicia Fiorucci    

   

mardi 8 octobre 2013

CHIMAIRA, Crown of Phantoms (2013 - E1 Music)

Explosion Auditive!

Dans la catégorie des groupes dégoupillant l’artillerie lourde, on y retrouve les gars de Chimaira. C’est à Cleveland que le combo se forme en 1998 étalant ainsi leur métal hardcorisé aux riffs plus que rugissants. Fort de sept albums à leur actif, c’est deux ans après leur précédent opus Age of Hell que les ricains reviennent plus puissants que jamais sur le devant de la scène métal. En effet, c’est avec un tout nouveau missile Crown of Phantoms ainsi qu’un remaniement au niveau du line-up, qu’ils signent leur retour triomphal. Bon avant de déclarer, ouverte, la dissection de cet album, autant vous prévenir que les amateurs de rock soft n’y trouveront pas grand-chose d’intéressant dans ce qui va suivre. Allez passons aux choses sérieuses dès à présent.



D’emblée, nous sommes mis au parfum de ce que va contenir cette fiole auditive. En effet, The Machine est une arme de destruction massive. On ressent instantanément leur rage à travers des messages comme Plastic World où la dénonciation sociétale est amplement perceptible. La rythmique emmenée par Jeremy Creamer (basse) et Austin d’Amond (batterie) est franchement efficace et plante une réelle lourdeur dans l’atmosphère. D’ailleurs, batteur au sein de Chimaira, se révèle être un exercice de sportif tant le tempo est rapide. Par endroit, les riffs de guitares lead, assurés par Emil Werstler, empiètent sur le domaine heavy métal. Mais le gaillard n’est pas seul à la six cordes, son compère rythmique Matt Szlatcha le complète à la perfection. Il y a même quelques intonations Zakk Wyldienne dans certains moments surtout dans Spineless. On peut se rendre compte qu’ils sont soumis à diverses influences car on ne peut occulter le côté Pantera de leurs compositions originales. Néanmoins, ce qui est prédominant c’est le côté hardcore surtout porté par le chant âpre et guttural, bien maitrisé de Mark Hunter. Ici, aucun chant clair ne pointe le bout de son pif, si ce n’est avec parcimonie. Bien que Chimaira soit un groupe à gros son, il n’empêche que par moment ils savent interpeller par leur goût de l’inattendu. C’est bel et bien le cas sur  Kings of the Shadow World où ils intègrent une ligne de claviers exécutée par Sean Zatorsky placée à bon escient. A noter, un moment fort dans ce nouveau bébé chimérique. En effet, en milieu de galette se situe, Transmigration, titre beaucoup moins énervé  que ces prédécesseurs, ce qui permet à nos esgourdes de faire une petite pause non négligeable. Effectivement, par le biais de cette petite merveille instrumentale arrivant à point nommé, ils nous prouvent qu’ils jouent sur les émotions et les différentes ambiances musicales. C’est une accalmie de courte durée avant que les munitions ne soient de retour sur le titre éponyme Crown of Phantoms. Il n’empêche que Wrapped in Violence est rempli de hargne. D’ailleurs le titre ne laisse aucun doute sur le sujet. Le refrain  est à grand renfort de slogan contre la nation et pourrait même repris dans des manif’. Autant dire qu’ils s’impliquent à fond dans leur projet.


En tout et pour tout Crown of Phantoms dépote à donf’ et nous donne envie de headbanguer durant 44 minutes. Si vous êtes d’humeur revendicatrice, vous serez amplement servis. En tout cas, nous sommes en présence d’un album fracassant, brut de décoffrage et surtout explosif. Maintenant, c’est à vous de soulever la Machine !

King of the Shadow World:




Retrouvez cette chronique sur Ultrarock: http://ultrarock.free.fr/

Alicia FIORUCCI 

vendredi 4 octobre 2013

THE VAMPS, live-report (Olympia - 1er octobre 2013)

Teens go wild!

Une fois n’est pas coutume car c’est bien la première fois, que je vais vous relater un concert d’un groupe, dont j’ignorais encore l’existence, il y a encore une semaine. En effet, en ce mardi 1er octobre 2013, je me retrouve en tête à tête chez Coquatrix dans son célèbre Olympia où un groupe provenu du pays du Soleil Levant, The Vamps, allait prendre possession de cette scène mythique. Je dois avouer aussi que c’était aussi une première pour moi de me retrouver dans cette salle située boulevard des Capucines. Un quartier où l’on sent une réelle aisance sociale, des enseignes comme Fauchon juchent les trottoirs. En tout cas, le côté luxueux est assez saisissant. D’emblée lorsque l’on franchit les portes de l’endroit, on est frappé par la beauté de ce lieu où l’on sent une certaine chaleur classieuse. La dominance rouge donne un côté passionné à ce lieu où grand nombre d’artistes y ont laissé leurs empreintes. Pour le coup, ce soir je suis bel et bien en territoire inconnu avec l’invasion japonaise.


On remarque nettement la moyenne d’âge du public qui oscille entre 14 et 20 ans, une certaine ambiance post boys-band avec des jeunes filles découvrant leurs sens émotifs. The Vamps est un alliage de musique rock aux relents glam (surtout au niveau vestimentaire où c’en est le paroxysme), de musique actuelle à la LMFAO incorporant des éléments hardcore à la Linkin Park. Enfin bref, sacré cocktail qui est assez indéfinissable au bout du compte où l'esprit Visual Kei n'est pas bien loin en tout cas. Mais qu’importe la dissection de la musique apparemment les "teenagers" sont ravis et semblent carrément conquis. Ça se secoue, ça se trémousse, ça hurle, ça pogote gentiment, scande les paroles  (difficilement compréhensibles, à dire vrai)  en tout cas quelle folie à l’Olympia. Vous souvenez-vous de la Beatles mania des années 60 ? Eh bien là c’est le même topo en moins underground ! C’est la Vamps Mania chez les adolescentes, j’en aperçois une en jean et soutien-gorge. Quelque chose me dit qu’elle voulait surement attiré le regard du chanteur qui a pompé tout son look à Steven Tyler, soit dit en passant. Il faut bien reconnaître qu’une majorité utérine peuple l’assemblée de ce soir et on ressent l’excitation de ces demoiselles à la vue de ce qu’il se passe sur scène. Il y eut un moment où j’ai repris un peu plus mes marques, c’est lors de la reprise de David Bowie, Life on Mars. Durant 3 minutes, un sentiment de faire de nouveau partie de la galaxie m’envahit, mais bon, ce fut de courte durée car le surréalisme reprit délibérément ses droits. Le leader s’essayera à quelques mots en français qui auront le don d’enflammer encore plus la foule. C’est au bout d’une heure quarante de spectacle et un rappel (une ballade) que les Vamps se retirent dans leur cercueil laissant les midinettes dans un état de béatitude exquis. En tout cas, leur bonheur se lit sur leur mine réjouit.


Bon, hormis l’aspect musical pur qui m’est complètement hermétique, même si dans la nouvelle vague auditive il y a bien pire, il n’empêche que ce concert valait le coup d’être vécu, surtout pour comprendre les réactions des jeunes d’aujourd’hui. Et pour tout vous dire, cela doit bien être la première fois que j’ai ressenti un tel coup de vieux à un concert. The Vamps ou le groupe qui vampirise les "teens" !

Alicia FIORUCCI